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Invalidité : comprendre les catégories, barèmes et indemnisation en 2026

L'invalidité est un état durable de réduction de la capacité de travail, suite à une maladie ou un accident. Elle se distingue de l'incapacité temporaire et donne lieu à une pension de la Sécurité Sociale, complétée par la prévoyance. Ce guide détaille les 3 catégories d'invalidité, les barèmes de calcul avec le PASS 2026, et comment optimiser votre protection.

Qu'est-ce que l'invalidité ?

L'invalidité est reconnue lorsqu'un assuré présente une réduction permanente ou durable d'au moins 2/3 de sa capacité de travail ou de gain, suite à une maladie ou un accident d'origine non professionnelle. Cette réduction doit être constatée après consolidation de l'état de santé, c'est-à-dire lorsque les soins et traitements n'apportent plus d'amélioration significative.

Invalidité vs Incapacité : quelle différence ?

  • Incapacité : temporaire, arrêt de travail pour maladie ou accident, avec espoir de guérison et de reprise du travail. Indemnisée par des indemnités journalières (IJ).
  • Invalidité : permanente ou durable, réduction de la capacité de travail après consolidation de l'état de santé. Indemnisée par une pension d'invalidité versée jusqu'à la retraite (ou jusqu'à guérison, rare).

Conditions d'attribution par la Sécurité Sociale

Pour bénéficier d'une pension d'invalidité de la Sécurité Sociale, l'assuré doit remplir les conditions suivantes :

  • Être affilié à la Sécurité Sociale depuis au moins 12 mois
  • Avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois précédant l'arrêt de travail ou la constatation de l'invalidité, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le SMIC horaire brut sur la même période
  • Présenter une réduction d'au moins 2/3 de la capacité de travail ou de gain
  • Ne pas avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite (la pension d'invalidité prend fin et est remplacée par la pension de retraite)

L'invalidité peut être prononcée soit à l'initiative du médecin-conseil de la CPAM, soit à la demande de l'assuré ou de son médecin traitant. Dans tous les cas, c'est le médecin-conseil de l'Assurance Maladie qui classe l'assuré dans l'une des 3 catégories d'invalidité.

Les 3 catégories d'invalidité de la Sécurité Sociale

La Sécurité Sociale classe les invalides en 3 catégories selon leur capacité de travail résiduelle. Chaque catégorie correspond à un taux de pension différent.

Catégorie 1 : Invalide capable d'exercer une activité rémunérée

L'assuré peut encore exercer une activité professionnelle, même réduite ou aménagée. Sa capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins 2/3, mais il conserve une autonomie suffisante pour travailler à temps partiel ou dans un poste adapté.

Taux de pension : 30% du salaire annuel moyen (SAM)

Catégorie 2 : Invalide absolument incapable d'exercer une profession quelconque

L'assuré ne peut plus exercer aucune activité professionnelle en raison de son état de santé. C'est la catégorie la plus répandue parmi les titulaires d'une pension d'invalidité.

Taux de pension : 50% du salaire annuel moyen (SAM)

Catégorie 3 : Invalide obligé d'avoir recours à l'assistance d'une tierce personne

L'assuré ne peut plus exercer aucune activité professionnelle ET nécessite l'assistance permanente d'une tierce personne pour accomplir les actes essentiels de la vie quotidienne (se lever, se nourrir, se laver, s'habiller, se déplacer).

Taux de pension : 50% du salaire annuel moyen (SAM)

+ Majoration pour tierce personne (MTP) : 1 298,44 €/mois depuis le 1er avril 2026 (montant forfaitaire revalorisé chaque année en avril, non imposable)

Bon à savoir : passage d'une catégorie à l'autre

La catégorie d'invalidité peut évoluer dans le temps. Le médecin-conseil de la CPAM peut convoquer l'assuré pour réévaluer son état de santé et modifier la catégorie, à la hausse (aggravation) ou à la baisse (amélioration). L'assuré peut également demander une révision s'il estime que sa situation a changé.

Tableau récapitulatif des 3 catégories d'invalidité (montants 2026)

Catégorie Situation de l'assuré Montant de la pension Minimum / maximum mensuel
Catégorie 1 Capacité de travail ou de gain réduite d'au moins 2/3, mais une activité rémunérée reste possible 30 % du salaire annuel moyen (SAM) des 10 meilleures années 338,31 € / 1 201,50 €
Catégorie 2 Absolument incapable d'exercer une profession quelconque 50 % du SAM 338,31 € / 2 002,50 €
Catégorie 3 Incapable de travailler et besoin d'une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie 50 % du SAM + majoration pour tierce personne (1 298,44 €) ≈ 1 636,75 € / ≈ 3 301 €

Montants bruts mensuels en vigueur depuis le 1er avril 2026 (source : service-public.gouv.fr). Maxima calculés sur le PASS 2026 de 48 060 €. La pension est ensuite soumise à la CSG, à la CRDS et à l'impôt sur le revenu (hors MTP, non imposable).

À quel taux d'incapacité correspond chaque catégorie ? (70 %, 80 %…)

C'est une confusion très fréquente : les catégories d'invalidité de la Sécurité sociale ne sont pas exprimées en pourcentage. Le médecin-conseil vérifie d'abord que la capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins 2/3 (condition d'entrée commune aux 3 catégories), puis classe l'assuré selon ce qu'il peut encore faire : travailler (catégorie 1), ne plus travailler du tout (catégorie 2), ne plus travailler et avoir besoin d'une aide humaine (catégorie 3). Il n'existe donc pas de « catégorie 1 = X % ».

Un pourcentage que l'on vous communique relève généralement d'un autre système :

  • Taux d'incapacité MDPH (handicap) : fixé par la CDAPH selon le guide-barème des MDPH. Les seuils utiles sont 50 % et 80 % (par exemple, un taux d'au moins 80 % ouvre droit à la mention « invalidité » de la carte mobilité inclusion). Un taux MDPH de 70 % ou 80 % ne détermine pas votre catégorie CPAM, et inversement.
  • Taux d'IPP accident du travail / maladie professionnelle : fixé par la CPAM selon un barème indicatif spécifique aux AT/MP ; il donne lieu à une rente AT/MP, pas à une pension d'invalidité.
  • Taux d'invalidité contractuel (prévoyance, assurance emprunteur) : fixé par le médecin de l'assureur selon le barème prévu au contrat. C'est là qu'interviennent les seuils de 33 % (IPP) et 66 % (IPT). Un « certificat d'au moins 33 % » renvoie donc presque toujours à un contrat, pas à la Sécurité sociale.

Que signifie « un état d'invalidité réduisant d'au moins 2/3 la capacité de travail » ?

Cela signifie que, compte tenu de votre état de santé, de votre âge, de vos capacités restantes et de votre formation, vous n'êtes plus en mesure de gagner plus d'un tiers de ce que gagnerait un travailleur de même catégorie dans la même région. Ce n'est pas un taux médical des séquelles : c'est une appréciation de votre capacité de gain. En prévoyance, un seuil de 66 % (≈ 2/3) est souvent repris pour définir l'invalidité totale (IPT).

Calcul de la pension d'invalidité de la Sécurité Sociale en 2026

La pension d'invalidité est calculée sur la base du salaire annuel moyen (SAM) des 10 meilleures années de cotisation de l'assuré. Ce SAM est ensuite plafonné au PASS.

Formule de calcul

Formule générale

Pension = SAM × Taux de la catégorie

SAM plafonné au PASS (48 060 € en 2026)

Exemples de calcul avec le PASS 2026 (48 060 €)

Salaire annuel moyen Catégorie 1 (30%) Catégorie 2 (50%) Catégorie 3 (50% + MTP)
25 000 € 7 500 €/an
625 €/mois
12 500 €/an
1 042 €/mois
12 500 €/an + 15 581 €
2 340 €/mois
40 000 € 12 000 €/an
1 000 €/mois
20 000 €/an
1 667 €/mois
20 000 €/an + 15 581 €
2 965 €/mois
48 060 € (PASS) 14 418 €/an
1 201,50 €/mois
24 030 €/an
2 002,50 €/mois
24 030 €/an + 15 581 €
3 301 €/mois
60 000 € ou plus 14 418 €/an (plafonné)
1 201,50 €/mois
24 030 €/an (plafonné)
2 002,50 €/mois
24 030 €/an + 15 581 € (plafonné)
3 301 €/mois

L'effet du plafonnement pour les hauts revenus

Un cadre gagnant 60 000 €/an (5 000 €/mois) qui est placé en invalidité catégorie 2 recevra une pension maximale de 2 002,50 €/mois (brut) de la Sécurité Sociale, soit une perte de revenus de 60%. La prévoyance complémentaire est donc indispensable pour maintenir son niveau de vie.

Pension minimale et maximale

  • Pension minimale (catégories 1 et 2) : si la pension calculée est plus faible, elle est portée à 338,31 €/mois (montant en vigueur depuis le 1er avril 2026)
  • Pension minimale catégorie 3 : 338,31 € + 1 298,44 € de MTP, soit environ 1 636,75 €/mois
  • Pension maximale catégorie 1 : 14 418 €/an (1 201,50 €/mois) en 2026
  • Pension maximale catégorie 2 : 24 030 €/an (2 002,50 €/mois) en 2026
  • Pension maximale catégorie 3 : 2 002,50 € + 1 298,44 € de MTP, soit environ 3 301 €/mois (39 611 €/an)

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Comment la prévoyance complémentaire définit l'invalidité

Les contrats de prévoyance complémentaire (collectifs ou individuels) utilisent leurs propres définitions et barèmes pour évaluer l'invalidité. Ils ne reprennent pas automatiquement les catégories de la Sécurité Sociale.

Les notions clés : IPT, IPP, IAD

IPT — Incapacité Permanente Totale

Taux d'incapacité ≥ 66% (ou parfois 60% selon les contrats). L'assuré ne peut plus exercer aucune activité professionnelle lui procurant gain ou profit. C'est l'équivalent de la catégorie 2 de la Sécurité Sociale, mais évalué selon le barème du contrat.

Prestation : rente d'invalidité à 100% du montant prévu au contrat

IPP — Incapacité Permanente Partielle

Taux d'incapacité compris entre 33% et 66% (seuils variables selon les contrats). L'assuré peut exercer une activité professionnelle réduite ou aménagée. C'est l'équivalent de la catégorie 1 de la Sécurité Sociale.

Prestation : rente proportionnelle au taux d'incapacité (exemple : 40% d'IPP = 40% de la rente d'invalidité), ou rente nulle si le contrat ne couvre pas l'IPP

IAD — Invalidité Absolue et Définitive (ou PTIA)

État d'invalidité le plus grave : l'assuré ne peut plus exercer aucune activité rémunératrice ET nécessite l'assistance permanente d'une tierce personne pour accomplir les actes essentiels de la vie (se lever, se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer). Équivalent de la catégorie 3 de la Sécurité Sociale.

Prestation : versement du capital décès par anticipation, ou rente d'invalidité majorée selon les contrats

Les barèmes d'évaluation de l'invalidité

Les assureurs utilisent différents barèmes pour évaluer le taux d'incapacité permanente :

  • Barème croisé profession/fonction : évalue l'invalidité en fonction de la profession exercée ET de l'atteinte fonctionnelle. Plus protecteur pour les professions à forte technicité (chirurgien, musicien, artisan, etc.). Exemple : la perte d'un doigt peut représenter 5% d'invalidité pour un employé de bureau, mais 60% pour un pianiste de concert.
  • Barème AIPP (Atteinte à l'Intégrité Physique et Psychique) : barème médical standardisé qui évalue uniquement les séquelles physiques et psychiques, indépendamment de la profession. Moins protecteur, mais plus objectif et donc souvent utilisé par les assureurs.
  • Barème fonctionnel : évalue la capacité à accomplir les actes de la vie quotidienne et professionnelle. Intermédiaire entre les deux précédents.

Conseil d'expert : vérifiez le barème de votre contrat

Le barème utilisé est déterminant pour le versement de la rente. Un barème croisé profession/fonction est plus favorable si vous exercez une profession technique ou manuelle. Lisez attentivement les conditions générales de votre contrat et, si besoin, demandez à votre assureur ou courtier de vous expliquer quel barème s'applique.

Barème Sécurité sociale ou barème contractuel (droit commun) : lequel est le plus favorable ?

On parle de contrat « aligné sur la Sécurité sociale » lorsque l'assureur verse la rente dès que la CPAM vous classe en catégorie 1, 2 ou 3, sans refaire sa propre évaluation. À l'inverse, un contrat à barème contractuel fait expertiser l'assuré par son médecin et calcule un taux d'invalidité (fonctionnel, professionnel, croisé, ou barème indicatif de droit commun utilisé en réparation du dommage corporel).

Critère Reconnaissance Sécurité sociale Barème contractuel / droit commun
Qui décide ? Le médecin-conseil de la CPAM Le médecin-conseil de l'assureur (expertise, contre-expertise possible)
Critère Perte de capacité de travail ou de gain (au moins 2/3) Taux d'invalidité en % (seuils usuels 33 % et 66 %)
Où le trouve-t-on ? Surtout dans les contrats collectifs d'entreprise (salariés) Surtout dans les contrats individuels (TNS, Madelin, emprunteur)
Avantage Prévisible : pas de double expertise, la rente suit la décision de la CPAM Accessible aux non-salariés ; un barème professionnel peut indemniser une invalidité qui empêche d'exercer son métier
Point de vigilance Pas de rente sans reconnaissance CPAM ; la catégorie 1 est parfois moins bien indemnisée que la 2 Un barème purement fonctionnel peut aboutir à un taux faible (sous 33 %) malgré une inaptitude à son métier

Quels assureurs utilisent le barème de la Sécurité sociale ? Ce n'est pas une question d'assureur mais de contrat : la plupart des contrats collectifs obligatoires (souvent imposés par la convention collective) s'alignent sur les catégories CPAM, tandis que les contrats individuels et Madelin utilisent le plus souvent un barème contractuel. Le seul moyen de le savoir : lire l'article « Définition de l'invalidité » des conditions générales.

Invalidité catégorie 1 : à partir de quand la prévoyance indemnise-t-elle ?

  • Contrat collectif aligné sur la Sécu : la rente complémentaire démarre en principe à la date d'effet de la pension d'invalidité (souvent à l'issue des indemnités journalières). En catégorie 1, beaucoup de contrats versent une rente réduite par rapport à la catégorie 2 (le montant exact dépend de l'accord ou de la convention collective).
  • Contrat à barème contractuel : la rente est due si le taux fixé par l'expert atteint le seuil contractuel (souvent 33 % ou 66 %), après consolidation et à l'issue de la franchise prévue au contrat.
  • Aucune rente automatique : il faut déclarer le sinistre à l'assureur avec la notification de la CPAM (ou le rapport médical) ; les délais de déclaration figurent au contrat.

Calcul de la rente d'invalidité complémentaire

La rente d'invalidité complémentaire (versée par votre contrat de prévoyance) vient s'ajouter à la pension de la Sécurité Sociale pour maintenir votre niveau de vie. Son calcul dépend du type de contrat.

Contrats indemnitaires (la majorité des contrats collectifs)

Les contrats indemnitaires visent à compléter la pension Sécu pour atteindre un pourcentage cible du salaire de référence, généralement 70% à 80% du salaire net.

Formule indemnitaire

Rente prévoyance = (Salaire de référence × Taux cible) - Pension Sécurité Sociale - Autres revenus

Exemple : un salarié gagne 4 000 € nets/mois (48 000 € nets/an). Il est placé en invalidité catégorie 2. Son contrat d'entreprise prévoit un taux cible de 80% du net.

  • Salaire net annuel : 48 000 €
  • Objectif : 80% × 48 000 = 38 400 € nets/an (3 200 €/mois)
  • Pension Sécu catégorie 2 : 24 030 €/an (2 002 €/mois) — plafonnée au PASS
  • Rente prévoyance = 38 400 - 24 030 = 14 370 €/an (1 198 €/mois)

Au total, ce salarié recevra 2 002 € (Sécu) + 1 198 € (prévoyance) = 3 200 €/mois, soit 80% de son salaire net.

Contrats forfaitaires (fréquents en individuel)

Les contrats forfaitaires versent une rente fixe, définie à l'avance, indépendamment de la pension Sécu. Ils s'additionnent simplement.

Formule forfaitaire

Rente totale = Pension Sécurité Sociale + Rente prévoyance forfaitaire

Exemple : le même salarié a souscrit un contrat individuel prévoyant une rente de 1 500 €/mois en cas d'IPT.

  • Pension Sécu : 2 002 €/mois
  • Rente prévoyance forfaitaire : 1 500 €/mois
  • Rente totale = 2 002 + 1 500 = 3 502 €/mois

L'avantage du contrat forfaitaire est qu'il garantit un montant de rente indépendant de la pension Sécu, mais il peut y avoir surindemnisation (rente totale > salaire).

Exclusions et limitations des garanties invalidité

Les contrats de prévoyance prévoient généralement des exclusions et limitations, qu'il est essentiel de connaître pour éviter les mauvaises surprises.

Exclusions fréquentes

  • Exclusions de pathologies préexistantes : invalidité résultant d'une maladie ou d'un état de santé connu et déclaré avant la souscription du contrat, sauf acceptation expresse de l'assureur
  • Exclusions liées à certaines causes : invalidité résultant d'un suicide ou d'une tentative de suicide (délai de carence généralement de 1 an), pratique de sports extrêmes non déclarés, faute intentionnelle, guerre, émeute, attentat (selon les contrats)
  • Exclusions liées à l'alcool et aux drogues : certains contrats excluent ou limitent la garantie si l'invalidité est directement liée à une consommation excessive d'alcool ou à l'usage de stupéfiants
  • Affections psychiques et dorsales : certains contrats excluent totalement ou limitent la couverture des affections psychiatriques (dépression, burn-out, etc.) et des troubles musculo-squelettiques (lombalgie, hernie discale, etc.) non objectivables médicalement

Délais de carence et délais d'attente

  • Délai de carence : période (généralement 3 à 12 mois) pendant laquelle aucune garantie n'est due si l'invalidité survient, sauf si elle résulte d'un accident
  • Délai d'attente (ou franchise) : période entre la reconnaissance de l'invalidité et le début du versement de la rente. Souvent aligné sur la durée de versement des IJ (90 jours, 180 jours, etc.)

Attention aux exclusions : lisez les conditions générales

Les exclusions varient fortement d'un contrat à l'autre. Avant de souscrire, lisez attentivement les conditions générales et posez des questions précises sur les exclusions, notamment si vous avez des antécédents médicaux, si vous pratiquez un sport à risque, ou si votre profession présente des risques particuliers.

Cumul de la pension d'invalidité avec un emploi ou le chômage

Pension d'invalidité et salaire

Le cumul est possible dans les trois catégories. La pension n'est pas réduite tant que pension + revenus d'activité ne dépassent pas un « seuil de comparaison » : le plus élevé entre le salaire brut de l'année précédant l'invalidité et le salaire annuel moyen des 10 meilleures années, sans pouvoir être inférieur au SMIC annuel brut ni supérieur à 1,5 PASS (72 090 € en 2026). Au-delà, la pension est réduite de la moitié du dépassement (100 € de dépassement = 50 € de pension en moins). Les revenus doivent être déclarés chaque trimestre à la CPAM.

Pension d'invalidité et allocation chômage (ARE)

  • Catégorie 1 : la pension se cumule intégralement avec l'ARE.
  • Catégories 2 et 3 : cumul intégral uniquement si la pension était déjà cumulée avec le salaire de l'emploi qui a ouvert les droits au chômage. Sinon, le montant net de la pension est déduit de l'ARE (France Travail).
  • Prévoyance : les contrats indemnitaires tiennent souvent compte de l'ARE et des revenus d'activité dans le plafond « pas plus que le salaire net d'activité » ; vérifiez la clause de cumul de votre contrat.

Comparatif : Sécurité Sociale vs prévoyance collective vs prévoyance individuelle

Critère Sécurité Sociale Prévoyance collective Prévoyance individuelle
Montant de la rente 30% ou 50% du SAM, plafonné au PASS (max 2 002 €/mois cat. 2) Complément pour atteindre 70-80% du salaire net Montant forfaitaire librement choisi
Définition invalidité Catégories 1, 2, 3 selon médecin-conseil CPAM IPT/IPP selon barème contractuel IPT/IPP selon barème contractuel
Barème d'évaluation Barème médical Sécurité Sociale Barème AIPP ou croisé profession/fonction Barème AIPP ou croisé (au choix)
IPP couverte ? Oui (catégorie 1 = 30%) Variable (souvent à partir de 33% ou 50%) Optionnelle (souvent à partir de 33%)
Exclusions Très peu (régime obligatoire) Affections psychiques et dorsales parfois limitées Nombreuses selon contrat et état de santé
Durée de versement Jusqu'à l'âge légal de départ en retraite Jusqu'à la retraite ou fin du contrat Jusqu'à la retraite ou fin du contrat
Portabilité Automatique (régime obligatoire) Perdue en quittant l'entreprise (sauf si déjà invalide) Totale : vous conservez le contrat
Coût Cotisations sociales obligatoires Cotisation employeur (souvent gratuit pour le salarié) Cotisation à votre charge

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Questions fréquentes sur l'invalidité

Quelle est la différence entre incapacité et invalidité ?

L'incapacité est temporaire et correspond à un arrêt de travail pour maladie ou accident (exemple : fracture, grippe, opération chirurgicale). L'invalidité est permanente ou durable : elle correspond à une réduction d'au moins 2/3 de la capacité de travail ou de gain après consolidation de l'état de santé. L'incapacité peut évoluer vers l'invalidité si l'état de santé ne s'améliore pas.

Comment est calculée la pension d'invalidité de la Sécurité Sociale en 2026 ?

La pension dépend de la catégorie d'invalidité. Catégorie 1 : 30% du salaire annuel moyen (SAM), plafonné au PASS (48 060 € en 2026). Catégorie 2 : 50% du SAM, plafonné. Catégorie 3 : 50% du SAM + majoration pour tierce personne (1 298,44 €/mois depuis avril 2026). Minimum : 338,31 €/mois (catégories 1 et 2). Le SAM est calculé sur les 10 meilleures années de cotisation.

Qu'est-ce que l'IPT et l'IPP en prévoyance ?

IPT (Incapacité Permanente Totale) : taux d'incapacité ≥ 66%, l'assuré ne peut plus exercer aucune activité professionnelle. IPP (Incapacité Permanente Partielle) : taux d'incapacité entre 33% et 66%, l'assuré peut exercer une activité réduite ou aménagée. Ces taux sont évalués par le médecin-conseil selon un barème contractuel (barème croisé profession/fonction ou barème AIPP).

La prévoyance invalidité de mon employeur suffit-elle ?

Cela dépend de votre situation. Les contrats collectifs visent généralement à maintenir 70% à 80% du salaire net en complément de la pension Sécurité Sociale. Mais attention aux plafonds : si vous gagnez plus de 48 060 € (PASS 2026), la pension Sécu sera plafonnée, et votre contrat d'entreprise aussi souvent. Un contrat individuel complémentaire peut être nécessaire pour les revenus élevés.

Peut-on travailler en étant reconnu invalide ?

Oui. La catégorie 1 est justement prévue pour les personnes qui peuvent encore travailler. En catégories 2 et 3, une reprise d'activité reste juridiquement possible (elle peut toutefois conduire la CPAM à réexaminer la catégorie). Dans tous les cas, la pension n'est réduite que si pension + revenus dépassent le seuil de comparaison (plafonné à 1,5 PASS, soit 72 090 € en 2026), et seulement de la moitié du dépassement.

Quelles sont les 3 catégories d'invalidité de la Sécurité sociale ?

Catégorie 1 : invalide capable d'exercer une activité rémunérée, pension de 30 % du salaire annuel moyen (max 1 201,50 €/mois en 2026). Catégorie 2 : invalide incapable d'exercer une profession quelconque, pension de 50 % (max 2 002,50 €/mois). Catégorie 3 : invalide qui a en plus besoin d'une tierce personne, pension de 50 % + majoration pour tierce personne de 1 298,44 €/mois. Le minimum est de 338,31 €/mois depuis avril 2026.

À quelle catégorie d'invalidité correspond un taux de 70 % ou 80 % ?

Aucune : les catégories de la Sécurité sociale ne sont pas des pourcentages. Un taux de 70 % ou 80 % provient soit de la MDPH (taux d'incapacité lié au handicap, avec des seuils à 50 % et 80 %), soit d'un contrat de prévoyance (taux contractuel). En prévoyance, un taux de 70 % dépasse généralement le seuil de 66 % de l'invalidité totale (IPT), ce qui peut déclencher la rente complète même si la CPAM vous a classé en catégorie 1 ou 2 : tout dépend de la définition du contrat.

Barème de la Sécurité sociale ou barème de droit commun : lequel est préférable ?

Un contrat qui suit la décision de la Sécurité sociale verse la rente dès la reconnaissance CPAM, sans nouvelle expertise : c'est plus prévisible. Un barème contractuel (fonctionnel, professionnel ou de droit commun) fait évaluer un taux par le médecin de l'assureur : un barème professionnel ou croisé est plus protecteur pour les métiers techniques, un barème purement fonctionnel l'est moins. Les contrats collectifs d'entreprise suivent le plus souvent la Sécu, les contrats individuels et Madelin un barème contractuel.

Peut-on toucher le chômage avec une pension d'invalidité catégorie 2 ?

Oui. En catégorie 1, la pension se cumule intégralement avec l'allocation chômage (ARE). En catégories 2 et 3, le cumul est intégral si la pension était déjà cumulée avec le salaire de l'emploi perdu ; sinon, France Travail déduit le montant net de la pension de l'ARE.

Rente d'invalidité forfaitaire ou indemnitaire : quelle différence ?

Une rente indemnitaire complète la pension de la Sécurité sociale jusqu'à un pourcentage du salaire (par exemple 80 % du net) : elle baisse si la pension Sécu augmente. Une rente forfaitaire verse un montant fixé à la souscription, qui s'ajoute à la pension Sécu quel que soit son montant. Les contrats collectifs sont majoritairement indemnitaires, les contrats individuels souvent forfaitaires.

Sources officielles

Dernière mise à jour : 28 septembre 2026. Montants de la Sécurité sociale revalorisés chaque 1er avril.

Pour aller plus loin

Garantie décès

Capital, rente conjoint, rente éducation, fiscalité 2026

Incapacité de travail

IJ, franchises et maintien de salaire pendant les arrêts

PASS 2026 : 48 060 €

Impact sur vos cotisations et prestations de prévoyance

Glossaire prévoyance

IPT, IPP, SAM, AIPP... tous les termes expliqués